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« The Artist », comédie dramatique de Michel Hazanavicius avec : Jean Dujardin, Bérénice Bejo, John Goodman, James Cromwell, Malcolm McDowell, Penelope Ann Miller,…
Un grand merci à Jérôme Bloch de l’Institut Français d’avoir programmé cette projection qui nous a permis de voir sur toile un film Français qui s’exporte magnifiquement (les nominations parlent d’elles-mêmes, contrairement au film…), et que nous avons eu grand plaisir à partager.
Si dans histoire du 7e art, on sait que le noir et blanc est loin d’être une audace artistique contemporaine (Godard, Lynch, Jarmusch, Burton, Coppola, Coen et même Besson sont déjà passés par là) et que le muet est également revisité de temps en temps dans les salles obscures (notamment par Philippe Garrel avec « Amants réguliers » et « Frontière de l’aube »), Michel Hazanavicius nous offre un vibrant et sincère hommage au cinéma hollywoodien des années folles.
Inspiré de l'histoire de John Gilbert et Greta Garbo, poétique et émouvant, « The Artist » raconte sans parole une romance éternelle et nous transporte à Hollywoodland, où le cinéma muet en est encore à son âge d’or. L’orgueilleux face à l’ingénue, la chute face au succès, l’has-been face au renouveau, mais par-dessus tout, l’histoire d’un amour salvateur et unificateur.
Avec pertinence, Michel Hazanavicius situe son film en 1927, année de sortie du 1er long métrage parlant (« Le Chanteur de Jazz », de Alan Crosland
avec Al Jolson et May McAvoy), mais également l’année où sont sortis au cinéma des films puissants et complexes, tant narrativement que plastiquement, tels que « Metropolis » (de Fritz Lang, Avec Brigitte Helm et Alfred Abel), « L’Aurore » (de Friedrich-Wilhelm Murnau et William Fox, Avec George O'Brien et Janet Gaynor), « Le Mécano de la Général » (de Clyde Bruckman et Buster Keaton, Avec Buster Keaton et Marion Mack), « L’Inconnu » (de Tod Browning, Avec Lon Chaney et Joan Crawford), « Octobre » (de Sergei Mikhailovich Eisenstein et Grigori Aleksandrov, Avec Nikolai Popov et Vassili Nikandrov), « Napoléon » (de Abel Gance, Avec Abel Gance et Antonin Artaud) et j’en passe, auxquels le film « The Artist » fait brillamment référence.
Le film est bien fait, bien cadré, bien éclairé, bien joué, bien travaillé dans son noir et blanc qui parfois laisse paraître une colorisation chaude et expressive.
On peut saluer un casting hors normes, avec le brillant et très hétéroclite Jean Dujardin (« Brice de Nice », « Un balcon sur la mer », « Le bruit des glaçons », « Contre-enquête »), La superbe Bérénice Béjo, à qui Michel Hazanavicius a en fait dédié ce film, comme une lettre d’amour puisqu’il est son mari dans la vie, (« Meilleur Espoir Féminin », « Bouquet Final », « OSS 117 »), l’extraordinaire John Goodman (« Roseanne », « The Big Lebowski », « O’brother », « Gigantic »), James Cromwell (2 fois président des USA dans « I-Robot » et « W. », « The Queen ») et, Ô surprise, Malcom McDowell, l’acteur culte d’« Orange mécanique » et de « La Féline ».
Côté références, George Valentin est un évident hommage à Rudolphe Valentino (« Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse », « La Dame aux camélias »).
On y trouve aussi d’incroyables références notamment aux « Temps Modernes » de Charlie Chaplin, avec Charlie Chaplin et Paulette Godard, à « Chantons sous la pluie » de Stanley Donen, avec Gene Kelly et Debbie Reynolds, à « The Canary Murder Case » de Malcolm Saint Clair, avec James Hall et Louise brooks, évidemment « Cobra » de Joseph Henabery, avec Rudolph Valentino et Hector Sarno.
« The Artist » est un hommage à tous ces acteurs inoubliables tels que Buster Keaton, Charlie Chaplin, Fred Astaire, Paulette Godard, Henry Bergman, Janet Gaynor, Ginger Rogers, et j’en oublie !
Des références plus récentes, comme à « Vertigo » d’Hitchcock, avec James Stewart et Kim Novak, à « Sunset Boulevard » de Billy Wilder, avec William Holden, Gloria Swanson, « L'Heure suprême » de Frank Borzage ou « Les Espions » de Fritz Lang se retrouvent tant dans les scènes, les images et le travail visuel qu’évidemment dans l’incontournable bande son, œuvre de Ludovic Bource.
Il accouche d'une partition qui "sonne" véritablement comme un score du Golden Age Hollywoodien, et c’est assez rare de nos jours, avec une partition franchement inspirée, regorgeant de thèmes tantôt accrocheurs et énergiques, tantôt émouvants et romantiques (on notera par exemple que le climax du film, notamment autour de la scène de l'incendie, est particulièrement sensible avec la "Love Scene" composée par Bernard Herrmann pour le « Vertigo » d'Hitchcock).
Pour la petite histoire, et parce qu’on le voit dans le film qui a d’ailleurs été tourné à Los Angeles, le célèbre panneau sur les collines d’Hollywood a été érigé en 1923 pour faire la promotion d’un programme immobilier et écrivait à l’époque « Hollywoodland », les lettres faisaient 15.5m de haut et étaient illuminées par 4000 ampoules.
Le panneau s’abima de plus en plus jusqu’à ce que la chambre de commerce d’Hollywood le rachète en 1939 parce qu’il était devenu un des symboles de l’industrie naissante du cinéma.
Le contrat stipulait que les lettres « LAND » seraient enlevées pour mieux refléter sa nouvelle fonction et que toutes les charges d’éclairage seraient prises en charge par la chambre de commerce, elle enleva donc aussi les ampoules.
Le panneau a été entièrement reconstruit en 78, il ne fait plus ‘’que’’ 14m de haut sur 137m le large, d'après laboiteverte.fr
Un grand merci à Jérôme Bloch de l’Institut Français d’avoir programmé cette projection qui nous a permis de voir sur toile un film Français qui s’exporte magnifiquement (les nominations parlent d’elles-mêmes, contrairement au film…), et que nous avons eu grand plaisir à partager. |